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L’agriculture familiale en Roumanie

En 1989, après la chute du communisme, 28,5% de la population roumaine travaillait dans le secteur de l’agriculture. Mais après 1989, à la suite de la fermeture des plateformes industrielles, beaucoup de gens ont quitté les villes et se sont dirigés vers les villages, et, tout comme ceux qui vivaient encore là, sont devenus agriculteurs pour subvenir à leur besoins. La campagne et l’agriculture de subsistance ont offert une certaine stabilité à la population. Par conséquent ce pourcentage d’agriculteurs a augmenté jusqu’à 43,5% en 2001. En 2008, le pourcentage de la population impliquée dans l’agriculture est retombé à environ 30%, car la population âgée a commencé à disparaître et de nouvelles possibilités sont devenues disponibles dans les zones urbaines.

Le mauvais souvenir du communisme a rendu les gens réticents à adhérer à toute forme d’association. Par conséquent, les exploitations familiales sont devenues une unité essentielle de l’agriculture roumaine. La persistance de la structure foncière fragmentée de la Roumanie à travers les 20 dernières années s’explique en grande partie par le rôle important joué par l’agriculture de subsistance et de semi-subsistance dans l’allocation de moyens de subsistance des gens dans les conditions où la valeur des retraites et les indemnités de protection sociale sont extrêmement bas, les prix alimentaires sont similaires à ceux des pays développés, et l’accès au crédit est très difficile.

En Roumanie, la taille moyenne de la ferme familiale est d’environ 2,2 hectares, c’est à dire beaucoup plus petite que celle généralement observée en Europe occidentale. Contrairement aux exploitations familiales d’ Europe de l’Ouest, en Roumanie, comme dans tous les autres pays d’Europe de l’Est, les fermes familiales sont toujours créées autour du principe d’ l’autoconsommation et du commerce local de produits agricoles. 71% des exploitations roumaines sont de subsistance – Eurostat définit les exploitations de moins de 1 ESU comme fermes de subsistance – et cela couvre 26,7% de la superficie agricole utilisée (SAU) du pays. Ces terrains cultivés à petite échelle, associés à l’agriculture familiale, sont sous pression en raison de la perte de la viabilité économique, de l’échec à fournir des conditions de vie adéquates pour les jeunes agriculteurs, et de l’abandon qui en résulte. Comme nous l’avons déjà dit, l’agriculture joue un rôle très important dans l’économie roumaine, 60% du territoire du pays étant considéré comme rural. Ainsi, l’agriculture représente 6,6% du PIB roumain.

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Les exploitations familiales sont le modèle agricole le plus répandu et le principal fournisseur de produits alimentaires dans les pays développés tout comme dans les pays en voie de développement. En outre, elles utilisent des techniques qui respectent l’environnement, offrent d’excellents produits de qualité et gardent en vie les zones rurales. Une caractéristique importante de l’agriculture roumaine est qu’elle emploie les habitants des zones rurales, sur les 3,9 millions d’exploitations agricoles de Roumanie, la majorité relève des exploitations familiales de vastes prairies semi-naturelles, des systèmes pastoraux et des systèmes agricoles mixtes – la plupart de ces exploitations familiales mesurant de moins de cinq hectares.

La politique agricole commune (PAC) a été créée pour construire un marché agricole équitable à travers l’Europe capable de protéger la sécurité alimentaire de l’Europe. Cependant, en Roumanie, la PAC a soutenu principalement les grandes fermes à atteindre des performances, tandis que pour la plupart des petits agriculteurs, elle a eu peu d’effet. La réforme de la PAC de 2013 représentait une opportunité pour l’Union européenne et les spécialistes roumains d’envisager une augmentation de l’aide aux exploitations familiales pour parvenir à un développement durable.

En 2009, la Roumanie a été le cinquième plus grand producteur agricole de l’Union européenne. Cependant, la Roumanie est maintenant un producteur et exportateur de produits alimentaires crus, et un importateur des produits alimentaires finis, ce qui est perçu comme un problème par les agriculteurs et les responsables politiques locaux. Le chemin vers la résolution de ce problème est sans doute complexe, mais l’une des clés en est le développement rural accentué et la multiplication des facilités de traitement alimentaire au sein de la Roumanie.

Au titre du pilier 2 de la PAC (la partie de la politique agricole commune qui met l’accent sur le développement rural par la modernisation des économies rurales, la diversification et la création de groupes de producteurs), les jeunes agriculteurs reçoivent une formation pour le démarrage d’une ferme et des aides financières pour conduire leur exploitation vers une rentabilité durable. C’est une mesure positive, mais les jeunes Roumains ne sont, en grande partie, pas au courant de l’existence de cette politique. Par conséquent, une meilleure stratégie de promotion serait nécessaire.

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